V. : « Pour résumer : quand on tape sur Netanyahu, on ne gifle pas Anne Frank. »
Je la trouve excellente, cette réplique, qui me permet de reprendre ma dissertation sur cet épique épisode de ma vie d’internaute. J’avais fait, auparavant, une intervention sur le thème : on ne peut plus rien dire, concernant une religion, un pays qui ne soit pas européen, encore que…, sans être taxé d’anti-quelque chose, au sens de l’insulte du terme.
Arrivent peu à peu, sur ce fil qui enfle, qui enfle, des intervenants qui disent tous en substance la même chose :
- Ne pas cautionner la politique d’Israël, ce n’est pas soutenir aveuglément la Palestine ;
- Parler des exactions contre les palestiniens, ce n’est pas nier celles que subissent les israéliens ;
- La douleur de l’un ne justifie pas la douleur de l’autre. Par ailleurs comparer les misères est dangereux, parce que cela entretient le conflit ;
- La Shoah ne justifie pas la politique de Netanyahu ;
- Remettre en cause la politique du gouvernement israélien n’est pas être antisémite.
Rien à faire…
Alors, I. intervient : « @Mme Meyer-Lanski. Je suis juive de naissance avec 2 grands-pères rabbins, une famille pratiquante et pourtant je suis athée et mariée à un "goy" (hou quelle honte hein ??? ) par choix et pourtant je ne suis pas d'accord et je condamne la politique d'Israël vis-à-vis des palestiniens. Alors arrêtez de vous poser en victime. Pauvre Israël qui n'attaque jamais et ne fait que se défendre... vous êtes pathétique ! Je reprends une partie de ce commentaire lu sur le Huff’ : "Vous racontez n'importe quoi, vous ne savez visiblement pas de quoi vous parlez. Israël ne recherche pas la paix, sinon Netanyahu n'aurait pas appelé au meurtre de Yitzhak Rabin lorsque celui-ci négociait la paix...". L'intégrisme "juif" existe et est condamnable autant que les autres intégrismes. Eh oui, ça va être difficile de me traiter d'antisémite... ».
Et M. rajoute : « @I. : merci pour ton commentaire, je finissais par croire que j'étais antisémite. @ML : c’est surtout ton commentaire qui n'a pas d'intérêt, à voir le loup derrière chaque arbre on ne voit plus rien... et comme I., vu mon histoire et mon nom je pense qu'il sera difficile de me faire passer pour un affreux Antisémite!!! ».
C’est rafraichissant, c’est rassurant, c’est le signe d’un espoir en l’avenir de l’humanité, qu’autant de personnes, juives, musulmanes, athées, agnostiques, chrétiennes, se soient à un moment rassemblées pour démonter ce procès en antisémitisme qui nous était fait.
Désormais, tout ce fil deviendra une tribune où s’affronteront, non plus les idées liées à l’article incriminé au départ, mais celles qui opposent le droit à la parole contre Israël, contre ceux qui prônent un sionisme absolu, incontestable, et qui brandissent l’antisémitisme comme le bourreau brandit sa hache avant l’exécution d’Anne Boleyn.
Au-delà, d’ailleurs, du seul problème de l’antisémitisme, condamnable parce qu’excluant, se pose la question du droit à ne pas tout accepter d’un dogme, d’une position religieuse, d’un édit politique. Peu à peu, la parole est mise en coupe réglée par les plus extrémistes des peuples.
Dites « je pense qu’il faut une meilleur répartition des richesses », vous devenez un sale gaucho soviéto-marxiste.
Dites : « Le port du voile me dérange dans les lieux de la République », vous devenez un intolérant antimusulman.
Mais où va-t’on ? Mais où va-t’on ? Sûrement pas vers une période d’apaisement des âmes et des amitiés…
A titre personnel, j’avais eu, déjà, quelques échanges houleux avec Mme Meyer-Lanski. Cette information est importante pour comprendre ce qui suivra... Et c’est au milieu d’une confrontation devenue affrontement que Benjamin Siegel s’est invité au festin.
J’ai trouvé cet image sur la page Facebook de :
Juifs de France contre le sionisme
L’épisode 1
L'épisode 2