Avant la mise en place de l'industrie bancaire, dans les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale, il y avait des achats fonciers et immobiliers, sans doute peu de crédit à la consommation et des prêts entre particuliers.Pour trouver de l'argent à emprunter, on passait alors dans beaucoup de ...
Avant la mise en place de l'industrie bancaire, dans les années qui ont suivi la seconde guerre mondiale, il y avait des achats fonciers et immobiliers, sans doute peu de crédit à la consommation et des prêts entre particuliers.Pour trouver de l'argent à emprunter, on passait alors dans beaucoup de cas par le notaire qui était le mieux informé des fortunes locales, ou par vos connaissances, les réseaux d'alors, pour signaler les besoins et les possibilités des uns et des autres. Mais enfin, on se passait bien des banques!
J'avais eu l'occasion de vous signaler mes craintes sur l'effet potentiel de toutes les nouvelles exigences de sécurité dite Bâle III imposées aux banques pour éviter un nouvelle crise bancaire comme en 2008. Je ne voyais pas bien personnellement en quoi passer de 5/6 pct à 8/9pct de fond propres pour garantir des emprunts 15 fois plus élévés consentis par ces banques allait nous éviter la crise suivante.L'effet sur l'économie de cet accroissement sécuritaire me paraissait disproportionné par rapport à la restrictioin que cela allait amener sur le crédit à la consommation et aux PME/PMI.
C'est exactement ce qui se passe. Ce sont les emprunts d'état qui vont plomber l'industrie bancaire mais ce sont les crédits à la consommation et ceux aux petites industries qui vont souffrir.
Du coup, et grace à Internet, on voit réapparaître le crédit entre particuliers. C'est dans le monde anglo-saxon, toujours plus dynamique sur les sujets financiers,que sont apparus des sites destinés à mettre en contacts prêteurs et emprunteurs particuliers. Le premier d'entre eux, Zopa, crée en 2005 en Angleterre revendique 500 000 membres et 190 millions de livres de crédits consentis. Aux Etats Unis les sites à signaler sont Prosper.com qui revendique 1,3 millions de clients et 341 millions de dollars de prêts ou encore le Lending club en Californie. Comment se font les prëts et la prise de garantie, je ne sais mais je fais confiance à ces sites pour vous fournir les documents juridiques nécessaires à la mise en place des uns et des autres.
Et en France me direz vous? Comme pour beaucoup d'autres opportunités dans un pays particulièrement ignorant du fonctionnemment de l'économie, on arrive! Ca s'appelle Prêt d'Union, ça a été monté par deux fondateurs, Geoffroy Guigou et Charles Egly et les banques et organismes de crédit y ont déjà pris des participations. Leur plateforme en est à 250 prêts par mois pour 20 millions d'euros de montant d'emprunt potentiel.
Mais attention, là comme ailleurs, on ne prète qu'à ceux qui ont les moyens de rembourser. Seulement 1pct des demandes de crédit sont acceptées par les prêteurs qui en sont la contrepartie.Les emprunteurs ont le profil traditionnel du bon risque, 30/40ans, 3000 euros net par mois de revenus pour des prêts de l'ordre de 8000 euros pour travaux, financement des études ou achat de voiture d'occasion, voire financement d'un mariage. Les taux sont de l'ordre de 6pct sur 3 ans ou 7,3 sur 5. Ce n'est pas très différent de ce que vous pouvez obtenir sur le marché mais ça a le mérite d'exister.
La base de préteurs au départ très limité atteint aujourd'hui les 200 et sont souvent des déçus de la bourse, pas forcement très riches, qui cherchent du rendement.Le taux de défaut de remboursement, initialement prévu à 1pct, est pour l'instant nul.
Un bon départ pour les deux créateurs qui viennent d'accepter l'entrée au capital de différents investisseurs dont des banques ou assureurs mutualistes.
On souhaite bonne chance à cette alternative intéressante à la succursale bancaire du coin |