Non, les fronts ne se valent pas. Et c’est une escroquerie d’opposer la haine bleu-marine à la véhémence rouge. Au nom de cette comparaison, l’UMP, qui devrait changer de nom, pose les bases, à terme, d’une évolution vers un populisme dont le discours sera légitimiste. Ce parti moribond ne représente plus l’union pour la majorité présidentielle, mais l’union pour la mélasse populiste.
Non, les fronts ne se valent pas. Celui de la Marine est né d’un père qui vendait l’Action Française à la criée. L’Action Française était un journal qui prônait le nationalisme intégral. Il relevait de la pensée de Charles Maurras. A la défaite de 1940, le journal rejoint le gouvernement de Pétain, et soutient le régime de Vichy. Le Pen participe aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Le vieux borgne rejette toute forme d’intellectualisme, il dira, par exemple : « La France est gouvernée par des pédérastes : Sartre, Camus, Mauriac ». Quand il est élu, à 27 ans, ce sera porté par la vague poujadiste. Le mot « poujadisme » est devenu, d’ailleurs, synonyme de populisme. Il est issu du nom de Pierre Poujade, homme politique dont l’idéologie est à la fois une protestation contre tout l’appareil démocratique, et la dénonciation de l’Etat prévaricateur. Il affirme aussi l’identité française contre l’immigration, l’Europe, le fisc… Déjà…
Donc, rien de nouveau sous le soleil bleu-marine, si ce n’est le prénom et le genre de la représentante du parti.
Pour le Front de Gauche, c’est un peu plus multiculturel, si je puis dire, puisqu’on retrouve le Parti Communiste, ainsi que les politiques de la scission Mélanchon… Et quelques autres. On pense ce qu’on veut, mais le PC a prouvé qu’il pouvait être au gouvernement sans installer de dictature puisque ça s’est déjà produit. Et Mélanchon vient du PS… Les discours du Front de Gauche ne se complaisent pas dans l’exclusion, dans la stigmatisation d’une partie du peuple français. Alors, on peut ne pas être d’accord avec tous les propos provocateurs de Jean-Luc, c’est mon cas, mais on ne peut pas le mettre dans les plateaux de la balance en contrepoids de Marine.
Non, les fronts ne se valent pas. Et quand Copé prend l’argument « extrême contre extrême » pour justifier son « ni, ni », et bien c’est juste une escroquerie. C’est juste qu’il ménage la droite radicale dans l’espoir de trouver un allié qui lui fait, pour l’heure, défaut. Jusqu’où ira-t-il pour revenir au pouvoir ?