Chaque fois qu’on remplit sa bagnole d’ une essence, désormais précieuse et coûteuse, on contribue sans le savoir, à la mort de peuples. Jusqu’à hier soir, Je l’ignorais. Maintenant ça me trottera dans la caboche. Et c’est moche.
Moche comme ces grandes compagnies, Shell, Total, où les russes, qui engrangent des bénéfices astronomiques et qui se contrefoutent des dégâts qu’ils causent. Dégât connus puisque des législations protègent l’Europe. Mais l’Afrique, on s’en fout ! Il n’y a que des indigènes en Afrique. Ah ! J’ai honte, mais j’ai honte du monde que nous autres, occidentaux blancs, avons créé. Des modèles, soi-disant démocratiques, que nous exportons, par l’argent ou par les armes, et c’est probablement pareil, avec la bonne conscience au coin de la lèvre.
Ce pétrole pour lequel nous sommes prêts à partir en guerre, quand il est extrait, produit ce qu’on appelle des gaz associés. Ces gaz sont torchés, autrement dit brûlés à l’air libre. Ils dégagent des milliards de tonnes de gaz carbonique dans l’atmosphère, ce qui n’est certes pas une bonne idée. Mais en plus, ce torchage, c’est le terme, détruit irrémédiablement l’environnement proche des lieux d’extraction. Et des villages sont peu à peu rayés de la carte, d’un coup de kérosène. Et les populations tombent malades. Et lorsque les villageois se révoltent, on les tue. Les compagnies incriminées, se garantissant sans doute à grand coups de pots de vins largement dispensés à des dirigeants corrompus, réfutent ces faits. Il faut voir, dans le reportage, la gueule d’ange pleine de componction d’un directeur de la Shell… C’est à vous retourner l’estomac, à vous donner envie de ne plus vous déplacer autrement qu’en vélo ou à pied. Mais ce n’est pas possible.
Quand il y a des fuites, et il y en a souvent puisque la logique de la rentabilité prime la sécurité, alors on fout le feu, pour éliminer les nappes de pétrole. On ne nettoie pas, on fout le feu ! Tout le delta du fleuve Niger est désormais pollué. Plus de frayères, donc plus de poissons, plus de pêcheurs. La mangrove se meurt et les terres sont empoisonnées. Pourtant, des solutions existent. L'Equateur en a fait la preuve, mais il faut investir... et investir diminue les bénéfices.
C’est ce que raconte cet excellent reportage que j’ai regardé, hier soir…