Il est revenu, le temps des Borgia. Après le temps du poisson, avec le thon et la morue en vedettes, voilà que se profile une nouvelle peste, bien plus dangereuse que l’odeur nauséabonde fleurant la caque qui a prévalu durant plusieurs semaines. Voilà que se réveillent les familles au sang doré. Familles étendues, recomposées, des tribus fabriquées sur les lézardes ouvertes de notre beau pays.
Ils sont là, en embuscade, le poison déjà mélangé. Celui qui pervertira les esprits, qui rendra fou. Une Lucrèce, presque virginale, arpente les chemins de Provence, le sourire aux lèvres. Il faut entendre, au-delà de l’avenante figure, l’horreur des mots. Le discours ne tient que sur la haine de l’autre, banalisant l’idée d’un hypothétique envahissement.
Depuis plus de vingt ans, ces petites phrases lâchées, par des politiques inconscients, font leur chemin dans l’esprit simplet de nos concitoyens. Le bruit et l’odeur, légués par un Chirac en campagne, ont empuanti, assourdi les consciences. Désormais, la triste banalisation de toutes les xénophobies fait accroire que ceux qui se lèvent, indignés, sont des « bisounours » naïfs et crédules. Alors que, dans un monde moral, c’est bien le « naïf », le « crédule », qui devrait être la norme.
Qui se souvient de ce pape, le Borgia, garant des vertus chrétiennes, mais père, assassin, pervers, plaçant sa progéniture à tous les postes de l’état ? Le roman a fait de César le modèle de l’ambition démesurée alliée à l’absence de scrupules. Et même si l’histoire se maquille de romanesque, j’ai comme l’impression que nous n’apprenons rien, jamais rien.
La liste noire… à quand, l’affiche rouge ?