Pendant la campagne présidentielle, même si le sujet n’était pas complètement occulté, il pouvait apparaître que la double crise de l’euro et de la dette était derrière nous. Or le feu continue de brûler sous la braise. ...
 Pendant la campagne présidentielle, même si le sujet n’était pas complètement occulté, il pouvait apparaître que la double crise de l’euro et de la dette était derrière nous. Or le feu continue de brûler sous la braise. En un peu plus de deux mois, la Banque centrale européenne vient de prêter plus de 1 000 milliards aux établissements bancaires à un taux qui ferait pâlir de jalousie tout acheteur de logement : 1%. Ces liquidités octroyés à quelques 800 banques pour une durée de trois ans, leur permettent de répercuter sur les prêts consentis aux états pour refinancer leur dette : ainsi certes les taux d’emprunts consentis à l’Espagne et l’Italie passent de 7 ou 8 % à 3,9%, 2,9%. Mais, cette modération ne s’applique ni à la Grèce ni au Portugal. Il s’agit d’un cadeau aux banques privées : lorsqu’on peut emprunter à 1% et prêter à 2,3%, on réalise un bénéfice de 130%. Dans le même temps on découvre en Allemagne un système de transactions automatiques interbancaires d’une remarquable opacité. On s’apperçoit que la Bundesbank allemande avait 500 milliards de créances possiblement douteuses dans les autres pays européens. Enfin, les signaux sur les marchés sont alarmants d’autant plus que la politique d’austérité imposée un peu partout en Europe ralentit les recettes des états et … accentue leurs déficits publics. Même les Pays-Bas, l’un des bons élèves de l’euro, est à présent touché, avec un déficit public de 4,5%. En Espagne, le gouvernement Rajoy a annoncé que le déficit public serait de 5,8 et non de 4,4 comme le stipulait sa feuille de route imposée. Avant même d’être adopté, le fameux mécanisme européen de stabilité (MES) sera bientôt piétiné. Il ne reste plus qu’à attendre le retour de bâtons, en Allemagne même, de la récession qu’a imposé son gouvernement aux autres pays d’Europe. Enfin, il conviendrait d’expliquer comment concevoir une « monnaie unique » viable »et pérenne dans une Europe dont les composantes sont en fait en « guerre économique » ? Continuer la lecture » |