![[ KIOSQUE CULTUREL ]](http://www.forumdesforums.com/modules/news/images/topics/blank.png) Nous allons vous faire découvrir le Krabi Krabang (ou Krabi Krabong) qui est le premier art martial (historiquement) pratiqué par les Thaïlandais. C’est à partir de cette discipline que sont nés le Muay Boran et le Muaythaï.
Comme tout les Arts martiaux, le Krabi Krabang a été inventé dans un but guerrier. Dans le cas présent, les Mon réfugiés au Siam (ancien nom de la Thaïlande) devaient régulièrement résister aux invasions, dont celles des Birmans. En réponse à cette situation, ils ont créés cet art martial et se sont réunis sous le nom de Krom.
Vieux de 2000 ans, le Krabi Krabang est principalement basé sur l’usage d’armes (au nombre de 9 au total, puis avec le temps, des mouvements à mains nues de Muay Boran sont venus s’y greffer. S’il existe autant d’armes c’est que chacune correspond à un type de soldat: par exemple le roi qui se battait à dos d’éléphant utilisait principalement la lance, alors qu’un soldat se servait plus d’armes de combat rapproché comme le bâton ou l’épée.
Le nom Krabi Krabang est tiré du nom de deux armes utilisées dans cette discipline: le krabi (épée) et le krabang (bâton de bois). Comme de nombreux arts martiaux son but est l’efficacité maximale en un minimum de temps. Les coups sont donc puissants, précis et portés sur des zones vitales. D’ailleurs il est considéré par de nombreux pratiquants d’arts martiaux comme la discipline la plus redoutable inventée par l’homme.
Daab-Song-Mu, "épées dans les deux mains" (voir photo)
Le Krabi Krabang est également imprégné de philosophie et de valeurs. Ainsi, dans le passé avant chaque duel, le Wai Khru était exécuté. De nos jours les pratiquants le font avant chaque démonstration. Il existe deux Wai Khru en Krabi Krabang pour chaque arme: un debout et un agenouillé. Avant de rentrer à la Buddhai Swan Sword Fighting Institute*, la plus grande école d’enseignement du Krabi Krabang, les élèves doivent participer à une cérémonie censée leur apporter une protection contre les blessures. Durant cette cérémonie, ils doivent prêter le serment suivant:
1- Toujours dire la vérité et ne pas tromper les autres 2- Ne jamais voler 3- Ne jamais tuer gratuitement (humains comme animaux) 4- Bannir l’inceste ou les pratiques sexuelles illégales 5- S’abstenir de boire de l’alcool ou de prendre de la drogue pouvant altérer l’esprit.
Dans la Buddhai Swan Sword Fighting Institute, tout le monde est logé à la même enseigne: tous mangent ensemble, dorment dans la même pièce et travaillent aux mêmes heures. Cela démontre bien l’esprit de cette discipline où quelque soit votre niveau, une certaine égalité demeure.
La musique traditionnelle jouée lors des combats de Muaythaï, vient aussi du Krabi Krabang. Elle a été composée pour honorer l’art du combat Mon. Les instruments sont le Pee Chawa (Pi java): hautbois javanais, les Ching: petites cymbales et le Klawng Kheik: un tambour.
Ces instruments servent également pour le Ram-Awut, équivalent thaïlandais du Taï Chi, qui fait partie intégrante du Krabi Krabang. Le Ram-Awut consiste en de lents mouvements visant à coordonner l’esprit, la respiration et le corps. Le tout étant rythmé par la musique traditionnelle thaïe. La technique de respiration (Phalang Chit) est également étudiée pour le développement de la force intérieure et de la puissance physique.
La tenue du pratiquant de Krabi Krabang est assez proche de celle de celui du Muay boran: un pantalon qui arrive au genou et un haut de tunique aux manches courtes. Habituellement, les tuniques sont ornées de figures emblématiques telles que des Bouddhas ou des personnages du Ramayana (mythologie hindouiste). A partir du règne du roi Rama II (il y a plus de 200 ans), l’armée thaïlandaise a été réorganisé et utilise des armes à feu. De ce fait, le Krabi Kranbang, contrairement au Muay Boran, n’est plus enseigné dans l’armée (hormis pour les gardes du corps du roi) mais reste un art traditionnel national. |