Quand je m’promène sans ma muse. Les gens me voient et s’en amusent. Ils me voient aller et venir, Passer encore et revenir. Dans la salle des pas perdus, Moi son amoureux éperdu, J’erre comme une âme en pénitence Je baille par intermittence ...
I Quand je m’promène sans ma muse. Les gens me voient et s’en amusent. Ils me voient aller et venir, Passer encore et revenir. Dans la salle des pas perdus, Moi son amoureux éperdu, J’erre comme une âme en pénitence Je baille par intermittence. II Passent des femmes en cohortes. Certaines sont vraiment accortes. Moi, galant, je leur tiens la porte. Et pour le reste peu m’importe D’être au milieu de gens de robes. Car je ne jette, moi, l’opprobre Qu’à la seule qui, d’leur obédience, Tarde à m’accorder son audience. III Faudra-t-il que j’aille au prétoire Ou crier d’un ton péremptoire « Messieurs dames la cour se retire. Il est l’heure, la juge se tire ! » ? Ou bien exiger le huis clos Pour elle et moi. Les yeux mi clos, Au mépris de tout protocole, Lui faire de gros baisers qui collent ? IV Des heures que je vais et je viens. Des heures que je fais les cent pas. En plus, comme je m’en souviens : C’est moi qui fis le premier pas… Ah ! La voilà enfin, ma muse. Les gens sont jaloux, ça m’amuse. Je vais regagner mes pénates Au seul bras de ma magistrate. Voris Bian 15 février 2012 |