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Euro: dix ans et toutes ses crises

Publié par Jean Quatremer le 31/12/2011 17:00:00 (295 lectures) Articles du même auteur
L’euro est entré dans la vie des citoyens il y dix ans : le 1er janvier 2002, les billets et les pièces ont été mis en circulation dans les douze pays participants à la monnaie unique (dont la Grèce). Trois mois plus tard, les anciennes monnaies nationales ont cessé de circuler....






RTRZL_CompL’euro est entré dans la vie des citoyens il y dix ans : le 1er janvier 2002, les billets et les pièces ont été mis en circulation dans les douze pays participants à la monnaie unique (dont la Grèce). Trois mois plus tard, les anciennes monnaies nationales ont cessé de circuler. Même si l’euro était déjà une réalité pour les marchés financiers depuis le 1er janvier 1999, lorsque les parités entre les monnaies ont été gelées, il restait une réalité virtuelle pour les 304 millions d’Européens de la zone euro. Dix ans plus tard, la zone euro, désormais élargie à dix-sept États membres et 322 millions de citoyens, traverse une crise d’une rare violence, au point que beaucoup, notamment au Royaume-Uni et aux États-Unis, doutent de sa survie.

 

C’est en réalité la seconde crise qu’elle traverse : en 1999-2000, cette monnaie « virtuelle », qui n’était pas encore incarnée dans des pièces et des billets, a été sévèrement attaquée par les marchés. L’euro est passé de 1,17 dollar, son cours de lancement, à 0,82 dollar en octobre 2000, suscitant les railleries des opposants à la monnaie unique qui voyaient là la démonstration qu’il s’agissait d’une « monnaie de singe ». Il a fallu que les grandes banques centrales interviennent massivement pour stopper sa chute. Depuis, l’euro n’a fait que s’affirmer face aux autres grandes devises : en juillet 2008, il atteignait même son plus haut niveau face au dollar, à 1,60 (depuis elle a yoyoté, finissant, par exemple, la journée d’hier sous la barre de 1,30 dollar). Il est aussi devenu la seconde monnaie de réserve du monde (26 %), encore loin derrière le dollar, mais en progression constante.

euros billetsSurtout, les principaux objectifs que s’était fixé les rédacteurs du traité de Maastricht (1992) ont été atteints : une inflation maitrisée (sous 2 % par an en moyenne), des crises monétaires (comme celle de 92-93 qui a entrainé une récession) rendues impossibles, une augmentation des échanges entre les pays européens due à la disparition du risque de change, une forte intégration financière, une baisse des taux d’intérêt à court et long terme sans précédent ce qui a permis un financement bon marché de l’économie…

Mais voilà : la crise bancaire, financière et économique venue des États-Unis en 2007 et l’augmentation considérable de l’endettement public qui a suivi (entre 20 et 30 points en moyenne) a révélé les failles de conception de la monnaie unique. Des failles qui n’ont pas surpris les pères de la monnaie unique qui savaient qu’ils léguaient une œuvre inachevée. À l’époque, faute de volonté politique, la monnaie unique n’a pas été accompagnée d’une union budgétaire et économique : chacun est demeuré libre de faire ce qu’il voulait chez lui. En décembre 1998, Hans Tietmeyer, l’un des grands présidents de la Bundesbank allemande, a d’ailleurs mis en garde les Européens : il faudra « davantage d’intégration politique au niveau européen. Si chacun n’en fait qu’à sa guise, cela pourrait conduire à des conflits autour de la politique monétaire supranationale ». Et c’est exactement ce qui s’est passé. Ce n’est pas un hasard si le premier projet d’union monétaire, le « plan Werner » de 1970 prévoyait le transfert de l’essentiel des pouvoirs budgétaires au niveau communautaire (avec un contrôle du Parlement européen) et la mise en place d’une solidarité financière entre les États afin de lutter contre les déséquilibres structurels et régionaux. Un projet trop fédéraliste que Georges Pompidou s’est empressé d’enterrer…

Les rédacteurs du traité de Maastricht, avertis du précédent Werner, espéraient que le passage à la monnaie unique constituerait un « choc fédéral », selon l’expression d’Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères. Or, c’est exactement le contraire qui s’est passé : l’intégration communautaire a été stoppée (hormis quelques réformes institutionnelles insuffisantes) et Jacques Chirac et Gerhard Schröder ont même fait voler en éclat, en 2003, la seule contrainte pesant sur leur politique budgétaire, le Pacte de stabilité. Si, pour la France, il s’agissait de continuer à vivre à crédit, pour l’Allemagne, il s’agissait de se donner plus de souplesse afin de retrouver de la compétitivité. Loin de converger, les économies de la zone euro se sont donc mises à diverger.

euroLes marchés se sont réveillés en 2009, lorsqu’ils ont commencé à avoir des doutes sur la capacité de certains États à rembourser leurs dettes accumulées : ils se sont mis à fuir les pays jugés fragiles, les obligeant à emprunter à des conditions de plus en plus insoutenables. La zone euro est donc contrainte de bâtir à la hâte et en rechignant, d’où la durée de cette crise, la gouvernance économique que réclament les marchés afin qu’une nouvelle Grèce ne puisse se reproduire. Mais on est encore loin d’une fédération européenne : ni Berlin, ni Paris ne veulent, par exemple, d’un vrai budget communautaire alimenté, notamment, par des euro-obligations. Autant dire que la crise ne sera terminée que lorsque les États auront bâti un système qui convaincra les marchés que la zone euro ne forme plus qu’un bloc. Ce n’est pas un hasard si Jean-Claude Trichet, l’ancien président de la Banque centrale européenne, qui sait de quoi il parle, vient d’appeler, mercredi, dans un article publié par Les Échos, à un vrai saut fédéral.

En attendant, l’euro risque-t-il de disparaître ? En réalité, la question doit être posée différemment : qui a intérêt à quitter la monnaie unique ? La réponse est simple : personne. Même sans l’euro, les États les plus endettés devraient malgré tout purger leurs comptes publics, et ce, sans le parapluie de l’euro et de la solidarité européenne… Ce n’est pas un hasard, si tous les États de l’Union, en dehors de la Grande-Bretagne, ont décidé, lors du sommet européen des 8 et 9 décembre, de signer le futur traité renforçant la gouvernance économique. C’est une belle preuve, totalement inattendue, de confiance dans les vertus de la monnaie unique.

Photos: Reuters

N.B.: version longue de l'article paru ce matin dans Libération (la place, toujours la place)

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