Après les banques dont nous avons suivi au jour le jour la lutte pour la survie et dont nous attendons encore la solution finale sous forme de recapitalisation, c'est au tour des compagnies d'assurances de souffrir face à la chute des bourses mondiales et à la hausse des exigences prudentielles...
Après les banques dont nous avons suivi au jour le jour la lutte pour la survie et dont nous attendons encore la solution finale sous forme de recapitalisation, c'est au tour des compagnies d'assurances de souffrir face à la chute des bourses mondiales et à la hausse des exigences prudentielles.Les exigences qui les concernent sont pourtant plus lègères que celles qui concernent les banques, mais qu'à cela ne tienne, les mêmes tentations provoquant les mêmes erreurs, elles ont elles aussi leurs problèmes içi ou là. Par contre, même attitude que celle des banques, tout va bien chez nous, passez votre chemin il n'y a rien à voir. Et, bien sur, il n'y pas de besoin de recapitalisation chez nous. Et puis voiçi que le premier cadavre potentiel est apparu. Il s'agit d'un groupe mutualiste, Groupama, connu pour l'égérie de sa campagne de publicité télévisée, Cerise.Hélas, ces jours çi, Cerise est un peu malade! C'est pourtant le sixième assureur français avec pas moins de 16 millions de clients et 17,6 milliards d'euros de chiffre d'affaire. Mais il faut désormais assurer une couverture à 100pct de ses primes d'assurance avec ses capitaux propres. Or, dès le mois d'octobre, à cause de ses engagements très lourds en dette souveraine de pays du sud de l'Europe et dans des sociétés malmenées en bourse comme la Société Générale ou Véolia, la solvabilité de Groupama a flirté dangereusement avec les 100pct. Résultat, exit Jean Azéma, le Pdg,remplacé par Thierry Martel et manoeuvres d'urgence pour trouver des solutions avant la fin 2001, date à laquelle l'Autorité de Controle Prudentiel, l'ACP exige ses 100pct de solvabilité. Depuis octobre donc on cherche des solutions. On a identifié les bijoux de famille à vendre, la filiale immobilière Silic très connue et disposant d'actifs de bonne valeur du coté des aéroports de Orly et Roissy et les filiales demandant du renfort, Gan Eurocourtage, dont le métier, l'entreprise, exige des niveaux de couverture plus important. Et on a trouvé le bon samaritain, l'Etat, sous la forme de la Caisse des Dépots et Consignations, la CDC. Celle ci dispose, avec Icade, d'une société foncière de bonne qualité, sans recouvrement géographique,et deux fois plus grosse que la Silic qui se ferait un plaisir de l'absorber à un bon prix. En échange de ce "bon prix", elle pourrait venir en aide en effet à Eurocourtage.C'est le secrétaire général de l'Elysée et le directeur du Trésor qui negocient pour le contribuable. On devrait donc faire une bonne affaire comme dans le cas des prêts aux banques. Il reste 15 jours pour que les instances de gouvernance des deux groupes approuvent le montage. Aprés quoi, il restera à Groupama une année entière pour vendre à prix raisonnable d'autres actifs avant de rentrer dans les clous prudentiels pour fin 2013.Ouf! Et maintenant quelle est la suivante? |