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[MUSIQUE] : Sanseverino : "J'ai très mal vécu le classement par résultats" à l'école...
Posté par Christophe Chart le 31/10/2011 14:20:00 (344 lectures) Articles du même auteur

VousNousIls.fr pour­suit sa série "sou­ve­nirs d'école" avec l'artiste bohême Sanseverino. Le chan­teur et musi­cien de 50 ans pour­suit sa tour­née hexa­go­nale, en duo, jusqu'à la fin de l'année. Entre deux concerts, il a accepté de rou­vrir son cartable....




 


VousNousIls.fr pour­suit sa série "sou­ve­nirs d'école" avec l'artiste bohême Sanseverino. Le chan­teur et musi­cien de 50 ans pour­suit sa tour­née hexa­go­nale, en duo, jusqu'à la fin de l'année. Entre deux concerts, il a accepté de rou­vrir son cartable.

Propulsé dans le fir­ma­ment des étoiles de la chan­son fran­çaise par les Victoires de la musique comme la révé­la­tion scé­nique de 2003, Sanseverino n'a pas tou­jours brillé sur les bancs de l'école. Bien au contraire. Le chanteur-compositeur-interprète qui enflamme aujourd'hui les salles avec ses rythmes endia­blés et ses textes mor­dants, a été un piètre élève. Dernier de la classe, il a porté le bon­net d'âne, cette « sur­vi­vance médié­vale » de l'éducation. « C'était très trau­ma­ti­sant pour quelqu'un de sen­sible. Moi, j'étais à moi­tié sen­sible », lance-t-il avec son fameux humour. Né en 1961 à Paris, Sanseverino passe son enfance entre l'école Pierre Demont à Fontenay-sous-bois et les voyages à l'étranger. « Mon père était pape­tier, et par­tait sur des chan­tiers pour un an ou deux. On le rejoi­gnait hors période sco­laire, mais on empié­tait tou­jours sur les cours », se sou­vient le chan­teur. Ainsi, entre 6 et 14 ans, il découvre la Bulgarie, la Yougoslavie, la Nouvelle Zélande, le Mexique, des voyages qui vont le mar­quer, et nour­rir plus tard son uni­vers musical.

"Si on n'a pas de bons résul­tats, on n'est personne."
Durant sa sco­la­rité, Sanseverino a accu­mulé les frus­tra­tions, les vexa­tions, les entailles à l'amour propre. « J'ai très mal vécu le clas­se­ment par résul­tats – si on n'a pas de bons résul­tats, on n'est per­sonne. Je n'étais pas fier d'avoir de mau­vaises notes, et en plus, on me le rabâ­chait toute l'année. » Il garde intacte sa ran­cune pour ces ins­ti­tu­teurs qui fai­saient du zèle dans l'exercice de l'autorité. « On peut enca­drer sans excès de rigueur. L'encadrement sco­laire doit aider l'élève à trou­ver sa propre rigueur ». Le musi­cien n'oublie pas les injus­tices, plus grandes pour les der­niers de la classe. Ainsi, l'adolescent débor­dant d'énergie qui marque des buts aux matchs de foot et fait 400 kilo­mètres de vélo par semaine, « parce que le sport per­met­tait de fuir les filles », est honoré par le prof d'éducation phy­sique d'une moyenne de 8 et la men­tion « élève non spor­tif »: il ne savait pas grim­per à la corde...

« Monsieur Joubert, un pas­sionné de la Grèce antique »
« Je n'étais pas un cadeau non plus. Je me moquais de tout le monde, je trou­vais tou­jours la phrase pour faire rire la classe. Pour m'aimer, il fal­lait appré­cier les mots d'esprit ». Heureusement, il y en a qui appré­cient, et qui aiment trans­mettre, comme le pro­fes­seur d'histoire en 6e au col­lège Julio Curie à Fontenay-sous-bois. « M. Joubert avait des allures de biker avec son pan­ta­lon en cuir à lacets et sa grosse mous­tache. Il était habité. Un pas­sionné de la Grèce antique. Il nous a raconté toute l'Odyssée assis sur son bureau. Je suis très sen­sible à la trans­mis­sion orale. Ce n'est pas le même ensei­gne­ment que d'apprendre des dates et des noms par cœur. » Sanseverino se sou­vient du prof de math en 3e, au col­lège Saint-Exupéry de Vincennes, un homme calme, res­pi­rant la séré­nité. « C'était le papy idéal pour moi. Il m'intriguait, j'avais envie de com­prendre les maths pour le com­prendre, lui ».

« L'éducation, c'est une rencontre »
Mais c'est sur­tout avec les profs de fran­çais et de langues que le cou­rant passe, ou alors, les ensei­gnants sen­sibles aux arts, à la lit­té­ra­ture, comme Jacques Lénard, son prof de cui­sine à l'Ecole hôte­lière à Paris. En y pré­pa­rant un BEP et un CAP, Sanseverino acquiert des com­pé­tences pré­cieuses qui lui servent aujourd'hui à faire la popote pour toute la famille. Père de trois filles, 5, 12 et 14 ans, Stéphane Sanseverino leur sou­haite de faire la ou les ren­contres qui feront de l'apprentissage un plai­sir. « L'éducation, c'est une ren­contre. Le prof que tu vénères, dans les cours duquel tu as envie d'aller en cou­rant. Il faut en avoir au moins un, au mieux quatre, pour sur­vivre à l'école ».

Sanseverino recon­naît volon­tiers la dureté, voire la vio­lence du métier de prof. « Etre sur scène huit heures d'affilée tout en res­tant com­pré­hen­sible, devant un public dif­fi­cile – pour réus­sir cela, il faut ado­rer son métier ». Mais il estime que l'éducation, c'est aussi un plai­sir que les prof ne montrent pas suf­fi­sam­ment, peut-être par peur de perdre leur auto­rité. Aujourd'hui, il rend la mon­naie à l'enseignement. Avec l'association Zebrock, il inter­vient auprès des élèves du 93. Pendant ces ren­contres avec des jeunes tous avides de célé­brité et d'argent facile, il veut démys­ti­fier la réus­site sociale du musi­cien. Il fus­tige la « Starac », « l'académie des faux espoirs ». Il veut réha­bi­li­ter le tra­vail qui a « une sale répu­ta­tion » auprès des jeunes. « Pour deve­nir musi­cien, il faut aimer son métier, beau­coup tra­vailler et avoir beau­coup de patience. Ce qui compte, ce n'est pas de pas­ser dans une émis­sion de télé-réalité et de deve­nir célèbre, c'est de trou­ver un métier qu'on aime. C'est le mes­sage que j'essaie de faire passer. »

Rouja Lazarova
http://www.vousnousils.fr/2011/10/28/sanseverino-j%e2%80%99ai-tres-mal-vecu-le-classement-par-resultats-a-lecole-515656

 



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