« C'est dur d'écrire de la main gauche (...) C'est pour que je puisse plus écrire mes saloperies, comme [Maman] dit, qu'elle m'a coupé le pouce l'autre soir. » Maurice est un enfant qui vit dans l'ombre d'une mère folle et cruelle et d'un père alcoolique et lâche. ...

« C'est dur d'écrire de la main gauche (...) C'est pour que je puisse plus écrire mes saloperies, comme [Maman] dit, qu'elle m'a coupé le pouce l'autre soir. »
Maurice est un enfant qui vit dans l'ombre d'une mère folle et cruelle et d'un père alcoolique et lâche. Il tente de survivre grâce à ce Journal d'un monstre où il détaille sans pudeur ses tourments. Entre le jumeau étranglé par le cordon ombilical de Maurice et ce fils "assassin", la mère a choisi : la destruction du second ramènera à la vie le premier. Pour cela, une seule solution : la torture et la magie noire... Prix Fantastic'Arts 98, Les Mères noires évoque tour à tour VIPÈRE AU POING d'Hervé Bazin et LE VISAGE DE L'AUTRE de Thomas Tryon. Françaix fait preuve de virtuosité dans le maniement de la langue et dans la maîtrise d'une intrigue forte et envoûtante. Il démontre que la nouvelle génération d'auteurs français réussit avec brio à distiller l'angoisse et provoquer l'horreur.
Ce roman, très bien écrit n'est pas mal du tout. Il est même passionnant dans sa deuxième partie. Il est quand même dommage que les vicissitudes de ce gamin soient totalement invraisemblables à cause de situations outrancières (tartines d'asticots, ablation d'un pouce puis cautérisation sur la cuisinière) et du caractère du père qui passe de l'indifférence totale à la complicité avec son fils, des voisines qui, non contentes d'être complices de la folie de la mère de l'enfant, participent au martyr de celui-ci, de l'indifférence des médecins et maîtres d'école, etc.) C'est regrettable car toute la dernière partie avec la lutte des deux frères pour la maîtrise du cerveau et du corps de Maurice est plutôt bien tournée. Pascal Françaix dédie son bouquin à Anne Duguël (Gudule) mais il a beaucoup de chemin pour atteindre l'art de cette dernière qui ne fait pourtant pas dans la dentelle. LES MÈRES NOIRES est un bon bouquin qui aurait mérité plus de rigueur dans la forme pour le rendre plus crédible. En l'état, il reste tout de même une lecture recommandable à ceux qui n'ont pas peur des situations extrêmes.
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