Une ETUDE examine la transmission du VIH /2007 - [SANTE - MEDECINE]-Archives 2007 - MAGAZINE
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[SANTE - MEDECINE]-Archives 2007
Une ETUDE examine la transmission du VIH /2007
Posté par
maya
le 1/12/2007 2:20:00
(
1593 lectures
)
Articles du même auteur
Vers le milieu des années 80, les organismes communautaires de lutte contre le sida, dans l'espoir de mettre un frein à l'épidémie, furent les premiers à développer et à promouvoir des programmes d'éducation sur les pratiques sexuelles sécuritaires.
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En théorie, la diffusion d'informations sur le sécurisexe partout dans le monde aurait dû contribuer à arrêter la propagation du VIH. Toutefois, le taux de transmission du VIH demeure élevé dans plusieurs régions de la planète, particulièrement dans les pays à faible et à moyen revenu, où des dizaines de millions de personnes vivent avec le VIH/sida. Par contre, dans les régions à revenu élevé que sont l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale et l'Australie, le taux de transmission du VIH est plus faible et moins de personnes contractent l'infection.
Nouvelles CATIE – Une étude montréalaise examine la transmission du VIH
Consultez Sidamis:
http://sidamis.dynamicforum.net/
Selon les estimations de l'Agence de santé publique du Canada, quelque 58 000 personnes vivraient aujourd'hui avec le VIH au Canada. De plus, l'ASPC estime à 2 500 le nombre de nouvelles infections se produisant chaque année dans ce pays. Si cette tendance se maintient, 25 000 personnes de plus vivront avec le VIH au Canada dans dix ans.
Pour atteindre l'objectif du ralentissement de l'épidémie, une première étape doit consister à entrer en contact avec les populations qui courent un risque élevé de contracter le VIH afin de pouvoir les étudier. Les facteurs sous-jacents qui favoriseraient la transmission continue du VIH au Canada en 2007 ne sont pas entièrement clairs, et il existe probablement des différences entre les populations les plus touchées par le VIH, à savoir :
* les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes (HRSH ou HARSAH);
* les utilisateurs de drogues injectables;
* les Autochtones;
* les femmes;
* les immigrés originaires de régions où le VIH est répandu;
* les détenus;
* les jeunes.
Afin de mieux comprendre les tendances de la transmission du VIH, une équipe de recherche de Montréal s'est concentrée sur les comportements sexuels des HRSH dans le cadre d'un projet appelé Cohorte OMÉGA. L'équipe a inscrit plus de 1 800 hommes séronégatifs qu'elle a ensuite suivis pendant jusqu'à sept ans. Des interrogations et des prises de sang régulières faisaient partie du suivi. Les chercheurs ont trouvé que le sexe anal passif non protégé (se faire pénétrer sans condom) était le comportement le plus souvent associé à la transmission du VIH. Des détails sur d'autres comportements et d'autres risques de transmission apparaîtront plus loin dans cet article.
Détails de l'étude
Entre octobre 1996 et juillet 2003, les chercheurs ont inscrit à la Cohorte OMÉGA 1 846 hommes séronégatifs qui s'identifiaient comme HSRH. Ils avaient le profil moyen suivant :
* âge – 30 ans;
* 75 % étaient célibataires;
* 20 % étaient sans emploi;
* 67 % avaient fait des études post-secondaires;
* 50 % avaient des revenus annuels inférieurs à 20 000 $;
* nombre d'entre eux avaient des antécédents d'infections transmises sexuellement.
Résultats—comportements
Durant les six premiers mois de l'étude, environ 40 % des participants ont eu plus de deux partenaires sexuels réguliers et un tiers d'entre eux ont eu plus de cinq partenaires sexuels.
Environ 40 % des participants ont eu des relations sexuelles anales non protégées au cours des six premiers mois de l'étude. Cette pratique fut la plus courante chez les hommes qui avaient des relations sexuelles avec d'autres hommes séronégatifs.
Transmission du VIH
Au total, 32 hommes sont devenus séropositifs (on dit qu'ils ont séroconverti) pendant l'étude.
Se fondant sur les informations recueillies lors des interrogations, l'équipe a constaté que le risque de transmission variait selon les pratiques adoptées par les participants. Nous décrivons ci-dessous certaines de ces pratiques ainsi que les risques de séroconversion qui leur sont associés.
Nombre de partenaires sexuels
Le fait d'avoir des relations sexuelles non sécuritaires avec de multiples partenaires fait augmenter le risque d'infections transmises sexuellement, y compris le VIH. Ainsi, la détermination du nombre de partenaires sexuels s'avère parfois utile pour calculer les risques de transmission du VIH. L'équipe de recherche a constaté ce qui suit :
* Le fait d'avoir eu entre six et 49 partenaires sexuels durant les six mois précédant la séroconversion a doublé le risque de devenir séropositif;
* Le fait d'avoir eu 50 partenaires sexuels ou plus durant les six mois précédant la séroconversion a quintuplé le risque de devenir séropositif.
Sexe anal
Durant cette étude montréalaise, le principal facteur de risque de transmission du VIH a été les relations sexuelles anales non protégées entre hommes, spécifiquement un homme séronégatif et un autre séropositif ou dont le statut VIH était inconnu. Voici un résumé des risques associés à la pénétration anale, tant passive qu'active :
* Les hommes les plus à risque de contracter le VIH étaient ceux qui se laissaient pénétrer sans condom. Ces derniers couraient un risque de séroconversion 12 fois plus élevé que les hommes qui n'avaient aucune relation anale et ceux qui évitaient les relations anales avec les hommes séropositifs;
* Les hommes qui pénétraient d'autres hommes ou qui se laissaient pénétrer sans condom couraient un risque de séroconversion 8 fois plus élevé que les hommes qui évitaient les relations anales avec les hommes séropositifs;
* Les hommes qui ne faisaient que pénétrer d'autres hommes sans condom (sans se laisser pénétrer) couraient un risque de séroconversion cinq fois plus élevé.
Comportements cachés?
Résultat intéressant de l'étude montréalaise : certains hommes séronégatifs qui prétendaient se protéger lors de toute relation anale avec un homme séropositif ou un homme dont le statut VIH était inconnu ont fini par séroconvertir. L'équipe a avancé plusieurs hypothèses pour expliquer ce résultat d'apparence contradictoire :
* Les condoms peuvent se briser. Même chez les personnes qui utilisent régulièrement les condoms, le risque d'« échec du condom » (langage des chercheurs) va de 5 % à 10%;
* Les condoms risquent de ne pas empêcher la transmission du VIH si les gens s'en servent uniquement pour prévenir l'exposition à l'éjaculat à la fin d'une relation non protégée de courte durée (on ne met le condom qu'à la dernière minute);
* À cause du stigmate associé aux relations sexuelles non protégées, il se peut que certains participants n'aient pas divulgué sincèrement tous leurs comportements sexuels.
Sexe oral
Après avoir analysé les données d'autres études, l'équipe montréalaise a affirmé que le VIH pouvait se transmettre par les relations sexuelles orales mais que le risque était très faible à cet égard. Dans la Cohorte OMÉGA, le fait d'avoir des relations sexuelles orales passives (sucer quelqu'un) non protégées avec un partenaire séropositif doublait le risque de transmission. Toutefois, l'équipe a soulevé la possibilité que certains hommes qui prétendaient avoir été infectés lors d'une relation orale aient pu contracter le virus lors d'une relation anale non protégée qu'ils ont omis de divulguer. Étant donné le nombre relativement faible de séroconversions recensées durant la Cohorte OMÉGA, il faut souligner la très pauvre fiabilité des conclusions tirées au sujet de la transmission du VIH par le sexe oral.
Points clés
Les chercheurs ont confirmé que « les relations anales passives non protégées furent le principal facteur de risque » de transmission du VIH dans le cadre de cette étude.
En général, les chercheurs ont fait valoir que les condoms sont « d'une valeur considérable quand il s'agit de réduire la transmission du VIH ». Toutefois, selon les résultats de cette étude, les condoms n'offriraient pas de protection complète contre l'infection par le VIH chez les couples sérodiscordants (un partenaire est séronégatif et l'autre, séropositif).
En anglais, la pratique qui consiste à choisir des partenaires sexuels ayant le même statut VIH que soi s'appelle le serosorting. Selon l'équipe montréalaise, le serosorting constituerait « un compromis acceptable entre l'atteinte de la satisfaction sexuelle et l'adoption de pratiques préventives efficaces. »
Même si le nombre de séroconversions constatées durant la Cohorte OMÉGA était relativement faible, l'équipe de chercheurs a déclaré que « ce taux de transmission se traduit en plusieurs centaines de nouvelles infections par le VIH chaque année », une constatation inquiétante s'il en est..
Peut-être la Cohorte OMÉGA donnera-t-elle lieu à d'autres recherches visant à renforcer les programmes de prévention du VIH, à faciliter l'usage plus répandu du condom et à réduire les cas d'« échec du condom », du moins chez les HRSH. De tels efforts seraient appréciés non seulement au Canada mais aussi dans d'autres pays à revenu élevé où le VIH ne cesse de se propager.
Le financement de la Cohorte OMÉGA a été assuré par les agences suivantes :
* Santé Canada;
* IRSC—Instituts de recherche en santé du Canada;
* FRSQ—Fonds de la recherché en santé du Québec.
—Sean R. Hosein
RÉFÉRENCES :
1. Public Health Agency of Canada. HIV/AIDS Epi Updates, August 2006, Surveillance and Risk Assessment Division, Centre for Infectious Disease Prevention and Control, Public Health Agency of Canada, 2006.
2. Lavoie E, Alary M, Remis R, et al. Determinants of HIV seroconversion among men who have sex with men living in a low HIV incidence population in the era of highly active antiretroviral therapies. Sexually Transmitted Diseases 2007; in press.
3. Buchbinder SP, Vittinghoff E, Heagerty PJ, et al. Sexual risk, nitrite inhalant use, and lack of circumcision associated with HIV seroconversion in men who have sex with men in the United States. Journal of Acquired Immune Deficiency Syndromes 2005 May 1;39(1):82-9.
4. Monno L, Carbonara S, Ciracì E, et al. Twenty years later: the recent trends of HIV-infection—evidence from an Italian region. Infection 2007; in press.
source CATIE étude mise en ligne le 12/11/200
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