Les mots et la portée des mots, les phrases, leur ouverture, leurs sous-entendus, leurs possibilités multiples, infinies?
Une simple phrase toute nue, sans fioriture, sans adverbe, sans complément circonstanciel, ou avec, qu'importe.
Mais il n'y a pas de limite à une phrase. Aux mots non plus, aucune limite et c'est plutôt tentant de se perdre dans le verbe, suffit juste de prendre un peu de liberté.
Enfiler les mots comme des perles, parfois aussi (rire crispé, je déborde d'humour quand je suis au repos).
Mots, maux, meo, mo, ba, la, na, ta, li, bi, ri, pi...
Il y a des assemblages de syllabes improbables. Par exemple : nichon, oui, ni-chon! Quelle chance, au tout début, un sein aussi joli soit-il avait-il la probabilité de se nommer nichon? Nichon fait partie de ces mots qui m'amusent, comme saperlipopette, caqueter, turpitude, fatras. Par contre, il y a des mots beaucoup plus probables et poétiques : noctambule, escarpé, tintinnabuler... encore que.
Qu'est-ce qu'un mot improbable? C'est un mot qui sort du néant, d'une dimension parallèle et qui vient éclairer celle où nous sommes de petits éclats lumineux, roses ou d'une couleur exotique indéfinissable et affreusement acidulée. Mais ce sont des mots qui généralement engendrent un léger sourire.
Je reviens à ni-chon, non que je sois une obsessionnelle du sein, mais nichon est un mot parfait de régularité, de rapidité et de justesse. Il penche juste ce qu'il faut quand il faut, il s'adapte à la dégénérescence mammaire qui vient avec l'âge (souvent...) bref, il suit l'émergence du sein et accompagne sa vie jusqu'à sa chute. Oui, le nichon donne ainsi au sein une existence autre que biologique. Le mot donne de la consistance à l'organe, il l'humanise, le rend sujet au rire, à la dérision... et c'est bien là que chacun retrouve son humanité, non?
La tombée du jour a parfois un effet étonnant sur ce qu'il me reste de cerveau... je vais aller grignoter du chocolat noir en déambulant dans les rues assombries, histoire de croiser quelques noctambules courant vers un fatras de turpitudes (bon en fait je vais avoir du mal à faire tout ça vu l'endroit où je suis, mais quand même...).
