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Systèmes éducatifs et Recherche : Branle-bas de combat à l'université !
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| Posté par Manu Bourges le 2/2/2009 22:00:00 (343 lectures) Articles du même auteur |
 Les enseignants-chercheurs ne sont pas réputés pour être des gauchistes qui passent leur temps à manifester. Pourtant, dans de très nombreuses universités, ils appellent à la grève illimitée dès aujourd'hui ; et celle-ci risque d'être très suivie.
Si leur colère d'aujourd'hui est due à la réforme du statut des enseignants-chercheursenseignants-chercheurs et à l'augmentation de l'autonomie et du pouvoir accordés aux présidents d'universités, le malaise de l'enseignement supérieur vient de loin. On se souvient, sous l'ère Raffarin des coupes budgétaires. Le démantèlement continu de la Recherche française ne s'est pas arrêté depuis. La grande idée qui est derrière la politique gouvernementale dans le domaine de la recherche est la mise en concurrence permanente des enseignants et des chercheurs. C'est l'application du libéralisme économique au monde de l'enseignement supérieur, comme si la concurrence était le remède à tous les maux et devait permettre des progrès scientifiques formidables. Que je sache, dans tous les autres domaines où elle est appliquée, on ne constate pas d'amélioration, bien au contraire. C'est en tout cas ne pas connaître la spécificité de la recherche, un milieu où chacun s'inspire de travaux des autres, où tout le monde travaille ensemble et non pas les uns contre les autres. J'enjolive certes un peu, mais il me semble qu'une vraie amélioration devrait tendre vers un monde de solidarité entre chercheurs, plutôt que d'en faire des adversaires et des concurrents. C'est faire de la recherche un outil de promotion de carrières individuelles alors qu'elle devrait être au service de tous. Cette colère là, si elle ne va pas empêcher la France de fonctionner (du moins dans l'immédiat), peut faire des dégâts sur l'image du gouvernement à long terme, car les Français sont fiers de leurs scientifiques en général. Et au-delà, ce sont nos enfants qui sont concernés, puisque la qualité de l'enseignement risque d'être la première victime de ces réformes. A noter que des assemblées générales étudiantes ont lieu dans plusieurs universités, en lien avec ce mouvement mais aussi celui du 29 janvier. Comme les questions des enseignants chercheurs et des universités sont complexes, je mets en lien deux sites qui vous permettront de comprendre le danger des réformes en cours beaucoup mieux que je ne le ferais : Sauvons l'université Sauvons la recherche |
Son blog : Rêver de nouveau
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| Auteur
| Conversation
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| Dominique_Dutilloy |
Posté le: 21/5/2009 21:43 Mis à jour: 21/5/2009 21:46 |
Rang 1 - Débutant(e)   Inscrit le: 12/2/2007 De: Envois: 20
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! bonjour,
Tu ne connais rien aux universités, il ne suffit pas de connaître pour avoir une opinion.
J’apprécie ta modestie.
Moi qui sors d’une école d’ingénieurs après de longues années d’études en cours du soir, je connais un peu les problèmes de l’université pour avoir fréquenté de nombreux universitaires au cours de mes années d’activité.
L’université souffre d’un manque de compétitivité, cela ne lui permet pas de devenir performante, je ne veux pas faire croire que les étudiants diplômé seraient mauvais, c’est comme partout, il y en a des bons et des mauvais mais plus qu’ailleurs.
Pourquoi, par ce que l’université accepte tout c’est l’application de l’école pour tous, Jules Ferry, c’est bien mais cette belle avancée sociale à des limites.
L’introduction dans l’université de l’industrie ne peut que lui apporter un second souffle, la placer en face des réalités du moment, elle a besoin de cela pour se rénover.
Pourquoi les étudiants, pas tous, refusent cette évidence, par ce qu’ils sentent bien, avec raison, que la dépense et la recherche ne peuvent plus être sans but, il faut des résultats. C’est ce qui se passe dans l’industrie, la recherche appliquée conduit à des brevets et à nous placer en tête des pays créateurs.
Actuellement,le leadership est tenu par les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne. Or ces pays ont un cursus universitaire différent, les industries sont intégrées à l’université. Pour ce que j’en sais, mais j’ai quitté l’industrie il y plus de 20 ans. Je crois que le problème est resté le même.
Pour ce qui est de la recherche fondamentale, il faut qu’elle soit faite à l’université mais avec des objectifs précis, c’est un domaine ou l‘on doit donner de l’argent puisque c’est à partir d’elle que se développe le reste.
Fondamentale signifie chercher pour chercher afin de découvrir ce que l’on ne sait pas.
malheureusement, beaucoup d'entreprises ne reconnaissent pas les diplômes universitaires ou technologiques, prétextant que "des jeunes n'ont pas d'expérience"... Il y en a d'autres, qui ayant la "diplômite aiguë", ne prennent pas en compte l'expérience professionnelle, acquise pendant de très longues années d'activités salariées...
Pourquoi rien n'a été pensé pour que les universités soient en parfaite relation avec les entreprises privées ? Pourquoi toujours parler de rentabilité alors qu'il suffirait inventer un système de mécénat "Entreprises/Universités/Grandes Ecoles" ? Pourquoi le Gouvernement, n'écoute-t-il pas les étudiants et les enseignants-chercheurs ? Ne serait-il pas possible qu'il organise un Grenelle de l'Enseignement Supérieur, avec le Ministre, les Présidents d'Universités ou de Grandes écoles, les enseignants, les enseignants-chercheurs, les étudiants, les personnels non enseignants, ce, de manière à mettre tout sur la table, ce de manière à proposer et entreprendre des réformes ?
Sur l’hôpital, ta remarque sur un autre article est pertinente, c’est vrai que les 35 heures n’ont pas été bien adaptées à l’hôpital, c’est une grave erreur d’avoir voulu tout uniformiser comme si l’on construisait un trou de 1 m² à plusieurs pour donner du travail !
Cette réforme à fait des dégâts c’est certain, mais cela est dépassé.
Ce qui se passe à l’hôpital actuellement n’est pas bon, on ne peut faire de la comptabilité sur la santé des Français.
Qu’il faille surveiller les dépenses c’est évident, je ne dis rien d’autre, mais il ne faut pas donner de l’argent d’une façon inconsidérée, cela concerne la répartition des dépenses, c’est à dire l’orientation du budget, et comme je l’ai écrit donner 2,5 milliards pour la TVA réduite en presque pure perte, est une faute grave quand on refuse quelque millions à l’hôpital.
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| Fuchinran |
Posté le: 15/2/2009 16:17 Mis à jour: 15/2/2009 16:17 |
Rang 12 - Invétéré(e)   Inscrit le: 2/5/2006 De: Envois: 10871
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Est-ce que les commentaires ne méritent pas un débat voire des réponses de l'auteur?
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| HeloimSinclair |
Posté le: 14/2/2009 22:59 Mis à jour: 14/2/2009 22:59 |
Rang 4 - Aventurier / (ère)   Inscrit le: 17/2/2007 De: Envois: 203
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Le mouvement initié dans les universités et chez les chercheurs est vif et puissant, il entame considérablement le crédit du gouvernement. Si Sarkozy avait pu séduire l’intelligentsia française en 2007, moins de deux ans après, le divorce semble sur le point d’être consommé.
Plus que la réforme, c’est le mépris affiché de l’exécutif à l’égard de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui met le feu aux poudres. C’est une fronde unie contre l’omniprésident et ses ministres Darcos et Pécresse. Et ce n’est pas un mouvement d’ultragauchistes, quand la Conférence des présidents d'université, les membres des organismes de recherche (CNRS, Inserm...), les membres de l'Institut universitaire de France, ceux de l'Académie des sciences, publient communiqués et lettres ouvertes, pour dénoncer le mépris et les mensonges dont use le gouvernement. Toute réforme devient impossible dans un tel état de crispation. Il est plus qu’incertain que la mission de médiation sur le dossier du statut d’enseignant-chercheur, arrive à éteindre l’incendie universitaire.
A force d’insulter l’intelligence, l’omniprésident a braqué l’intelligentsia. Son "manque de considération a eu et aura des effets catastrophiques » dans la communauté des chercheurs et universitaires, et des effets secondaire sur sa politique générale. Si « l’élite » du pays se sent humiliée par l’omniprésident, les relais d’opinion du sarkozisme dans les médias vont se faire de plus en plus rares au sein de la société civile. Et pas seulement au sujet de la réforme des universités et de la recherche ! Sarkozy se démonétise politiquement, malgré/à cause de son agitation permanente, de son sens de l’omniprésidence qui bafoue les valeurs républicaines.
Tout ça pour bientôt faire du Chirac, et ajourner les réformes pour calmer les esprits. Pour un homme qui voulait incarner la rupture, bouger les lignes et transformer la France, l’immobilisme sera bientôt le prix de la paix sociale.
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| Moreigne |
Posté le: 13/2/2009 1:51 Mis à jour: 13/2/2009 1:54 |
Rang 5 - Amateur éclairé(e)   Inscrit le: 9/2/2007 De: Envois: 348
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Tout ça pour un décret mal ficelé. La révolte des universitaires n’est pas un mouvement ordinaire. Les récalcitrants ne sont pas les habituels syndicats étudiants le plus souvent instrumentalisés par les forces politiques de gauche. Non, cette fois ci la contestation est portée par le sérail, des professeurs réputés, mais aussi de simples enseignants-chercheurs anonymes. En l’espèce, il y a le fond et il y a la forme. Sur cette dernière les universitaires sont très sévères. La copie est jugée indigente. La personnalité de Valérie Pécresse n’y est pas pour rien. Trop cassante elle a cru, à tort, pouvoir violenter le milieu universitaire au seul prétexte de vouloir faire son bien. Mais, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions. Issue de HEC et de l’ENA, la ministre ignore de toute évidence la susceptibilité du milieu universitaire mais aussi, la faiblesse des salaires et des moyens alloués. Alors, quand s’ajoute à cela la perspective pour les enseignants d’être placés sous la coupe des présidents d’université, qui contrôleront leur activité, leur avancement et leur salaire, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Une majorité d’entre eux craint que ne se développent au mieux du mandarinat, au pire du népotisme.
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| Visiteur |
Posté le: 7/2/2009 12:33 Mis à jour: 7/2/2009 12:33 |
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Il y a bien une raison qui fait que nos universités sont de moins en moins compétitives par rapport à celles des pays étrangers.J'ai connu des soi-disant chercheurs qui se planquaient au CNRS pendant plus de 10 ans, ne faisaient absolument rien et avaient des activités extérieures. C'est là un vrai scandale qu'il est grand temps de dénoncer avec vigueur. Sous la bannière CRNS, il y a certainement quelques chercheurs de valeur, mais un nombre important de planqués. Oui, il y a un sacré ménage à faire en France et le Président a du grain à moudre pour longtemps. Par chance, il retrousse ses manches, ce qui déplait à beaucoup.
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| Visiteur |
Posté le: 7/2/2009 2:39 Mis à jour: 7/2/2009 2:39 |
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! et bla bla et bla bla….encore un réquiistoire contre cette réforme qui relève plus de l’auto persuasion que du developpement d’arguments….Parce que concretement quels sont les arguments des grevistes enseignants chercheurs: la peur de « trop de pouvoirs aux mains des presidents d’université » (soyons serieux un président d’université a déjà droit de veto sur un recrutement), la peur de perdre leur liberté de chercher (on se demande ce que certains cherchent au frais du contribuable!), la peur d’etre surchargés de cours, d’être débordés (avec une dixaine d’h de cours grand max par semaine…..et en toute honneté j’ai rarement vu mes profs à la fac « débordés »..quant à leur fibre d’enseignants: ce n’était a priori pas un pré requis à leur engagement!)…Soyons clair la seule chose que les enseignants chercheurs défendent c’est leur philosophie qui consiste à dire: « Je fais ce que je veux quand je veux et envoyez la monnaie »! toujours plus d’argent voila le 2e volet de leur revendiactions et c’est en substance ce qu’a dit l aprésidente de « Sauvons la recherche » ce soir lors d’une interview! il est temps que nos unversités ne soient plus des dortoirs de pseudo chercheurs!
loreme
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| Fuchinran |
Posté le: 6/2/2009 23:24 Mis à jour: 6/2/2009 23:24 |
Rang 12 - Invétéré(e)   Inscrit le: 2/5/2006 De: Envois: 10871
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Ah oui, parlons de la fierté à l'égard des scientifiques... Sauf que la Recherche ne se limite pas aux scientifiques... Que la fierté aboutit à l'aberration d'une filière S qui règne de façon absolue, quitte à ce que les lycéens y aillent juste pour son prestige -car elle réunirait les meilleurs- et non par vocation...
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| Fuchinran |
Posté le: 6/2/2009 23:19 Mis à jour: 6/2/2009 23:21 |
Rang 12 - Invétéré(e)   Inscrit le: 2/5/2006 De: Envois: 10871
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! Justement, poserais-tu la question pour toutes les grandes universités autonomes du monde, puisque toutes les principales sont autonomes?  En quoi les concours actuels sont-ils une garantie de justice et de pertinence? Ignores-tu à ce point qu'aujourd'hui, la cooptation est systématique et que les concours ne sont qu'une façade?
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| leunamme |
Posté le: 6/2/2009 23:16 Mis à jour: 6/2/2009 23:16 |
Rang 2 - Curieux (se)   Inscrit le: 29/12/2008 De: Envois: 40
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! le problème c'est que la réforme actuelle va contribuer à renforcer le mal français de l'université : la cooptation. En effet, puisque les enseignants seront en partie nommés par les présidents d'université, mais sur quel critères ?
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| Débézed |
Posté le: 6/2/2009 21:52 Mis à jour: 6/2/2009 21:52 |
Rang 6 - Explorateur / trice   Inscrit le: 29/7/2008 De: Besançon - 25 Envois: 664
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 Re: Branle-bas de combat à l'université ! La recherche française mérite depuis très longtemps une réforme en profondeur car on y trouve le meilleur sans le smoyens et parfois le pire bien planqué !
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