A lire Ultime amour de Serge Rezvani... Depuis quelques six ans, Serge Rezvani, 84 ans, vit à Bonifacio avec celle qu’il a épousée peu après l’avoir rencontrée en 2005, l’actrice Marie-Josée Nat. Il tentait – très difficilement, pensant même au suicide – de faire le deuil de Danièle, la célèbre Lula de ses livres (Les Années Lula, Les Années Lumière, Le Testament amoureux et quelques autres) rencontrée en 1950 et morte fin 2004 de la maladie d’Alzheimer, comme il l’a raconté dans L’Eclipse.
Ultime amour, Serge Rezvani, Les Belles Lettres, 151 pages, 19 € Depuis quelques six ans, Serge Rezvani, 84 ans, vit à Bonifacio avec celle qu’il a épousée peu après l’avoir rencontrée en 2005, l’actrice Marie-Josée Nat. Il tentait – très difficilement, pensant même au suicide – de faire le deuil de Danièle, la célèbre Lula de ses livres (Les Années Lula, Les Années Lumière, Le Testament amoureux et quelques autres) rencontrée en 1950 et morte fin 2004 de la maladie d’Alzheimer, comme il l’a raconté dans L’Eclipse. Elle, veuve du réalisateur Michel Drach (mort en 1990) qui l’avait révélée en 1969 avec Elise ou la vraie vie, vivait dans sa demeure familiale (sa mère est corse) à l’extrême sud de l’île. Les deux couples s’étaient même rencontrés dans les années 1950, avant que Serge et Danièle quittent Paris pour s’installer dans une ancienne maison découverte dans le secret du Massif de Maure pas encore envahi par les résidences secondaires. C’est notamment de cela qu’il est question dans ce livre, Ultime Amour, présenté par son auteur comme un «point final à [sa] longue exploration de la première personne du singulier». Il y est abondamment question des deux dernières années de Danièle où il s’est trouvé totalement démuni face au mal dont souffrait celle qu’il a tant aimée, et qui ne le reconnaissait plus. Se partageant entre la Béate, leur maison méditerranéenne, et Paris, où il tentait d’écrire, Rezvani s’est reposé sur des soi-disant garde-malades, une femme et sa fille obèse qui ne faisaient pas grand chose, puis une autre (Lucie devenue Lucifer) et son compagnon qui ont progressivement pris possession de la malade et du lieu. Il a également dû affronter deux nouvelles voisines, des journalistes parisiennes à la retraite, une avocate fan de son œuvre et celle qui, pourtant, avait réalisé un film sur son couple. L’auteur de La Traversée des Monts Noirs (probablement son plus grand roman, et celui auquel il tient le plus, réédité aux Belles Lettres) et de la célèbre chanson Le Tourbillon de la vie raconte aussi sa rencontre avec Marie-Josée Nat, le bonheur retrouvé (et condamné par nombre de ses proches, notamment son éditeur chez Actes Sud, et exécuteur testamentaire car il pensait mourir avant sa femme) et son installation à Bonifacio, recréant, par la végétation, son univers des Maures. Tout cela est parsemé de réflexion sur l’amour, sur l’homme, sur la vie et sur le temps qui passe. Ceux qui connaissent l’auteur le retrouveront avec plaisir tel qu’en lui-même. Les autres découvriront un personnage riche, profond et attachant. Et auront peut-être envie de se plonger dans son œuvre. |