Apres un dîner agréable et nos achats terminés (une façon de ne pas être redevables envers celui qui nous a invitées), nous rentrons dans notre maison d’hôtes vers 9 heures du soir, avec la promesse de revenir le lendemain. Notre hôte a beaucoup insisté. Le lendemain vers 7 heures du soir, 20 minu ...
Apres un dîner agréable et nos achats terminés (une façon de ne pas être redevables envers celui qui nous a invitées), nous rentrons dans notre maison d’hôtes vers 9 heures du soir, avec la promesse de revenir le lendemain. Notre hôte a beaucoup insisté.
Le lendemain vers 7 heures du soir, 20 minutes précises avant le « go » de la mosquée - les habitants de Chefchaouen ne se fient pas à leur montre mais à la voix du muezzin - nous faisons le plein de petits gâteaux sucrés à base d’amendes, de dattes, de sucre, de raisins et retournons à la galerie d’Art.
La veille, nous ne nous sommes pas attardées en compagnie des deux hommes, le dîner étant déjà prêt. Cette fois, c’est Mohssin qui décide du timing puisque c’est lui qui cuisine, ou plutôt c’est Youness, un jeune étudiant dont Mohssin prétend qu’il est en train de le former à son art, en réalité, une sorte de « larbin » qui débarrasse, range, épluche les légumes, et prépare le repas.
Les préparatifs durent 4 heures…. Malin Mohssin, il ne nous avait gardées qu’une heure et demi la veille, là, il fait durer le plaisir , enfin le sien j’imagine, nous, nous sommes « coincées » La conversation est pénible. Elle s’éternise, entrecoupée de passages du voisin, qui se trouve être le cousin de Mohssin, qui se trouve aussi avoir une boutique et qui nous invite, repas terminé, à prendre le thé chez lui. Notre hôte, lui, fume pétard sur pétard… Alors quoi, c’est Ramadan ou pas ? Il nous propose des devinettes, genre : si vous trouvez les réponses je vous offre un tableau, si vous perdez, vous devez acheter un tableau. Nous ne sommes pas tellement emballées mais jouons le jeu sans le mener à son terme car bien sûr nous perdons...

Le repas se termine péniblement enfin vers minuit…. Lorsque je m’ennuie je suis prise de furieuses envies de dormir, un peu à la façon thaïlandaise, mais surnage et pose la dixième stupide question sur combien il y a d’habitants a Chefchaouen, à Tétouan, à Tanger… Un diner mortel.
Le cousin nous attend donc pour le thé, Mohssin bizarrement décline l’invitation. Et là, à minuit, vannées nous assistons aux prémices d’un show de tapis : origine, nombre de point au centimètre carré, façon de le rouler dans les bagages etc.. Pas question de thé. J’arrête le show au premier acte… « Désolée, nous n’avons pas l’intention d’acheter monsieur, nous n’avons pas de place dans nos bagages » Ca c’est encore poli. Le cousin insiste « pas de problème on vous enverra le tapis, la poste fonctionne bien au Maroc » « Non, monsieur, chez moi à Paris j’ai tellement de tapis qu’ils sont les uns sur les autres, j’en ai même qui sont roulés sous mon lit. » Ca, c’est toujours poli. Indémontable, le cousin ne prend pas encore ça pour un refus, il insiste avec des tas de combinaisons possibles. Pas d’argent ? Pas de problème…. » « C’est toujours non monsieur » Finalement, son dernier argument, « vous pouvez en acheter un tout petit » Là je n’en peux plus de fatigue et réponds avec un gentil sourire, « même un tapis de la taille d’un confetti je ne l’achèterai pas, je ne saurai pas quoi en faire ».

D’un coup, la tête du cousin change. Son assistant ferme brutalement les volets de la boutique et remballe le tapis qu’il avait commencé à dérouler, c’est Ramadan alors on ne nous insulte pas, mais l’insulte est sur le bord des lèvres. Nous quittons les lieux, repassons devant Mohssin qui – bien sûr avait fait un deal avec le cousin son voisin – il fallait bien payer notre dîner d’une façon ou d’une autre cette fois-ci.
Toujours polies, nous lui souhaitons une bonne nuit de Ramadan et surtout bons pétards ! et lui, imperturbable : « revenez demain il y aura du poisson » !

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