Installées à Louvain-la-Neuve, non loin de Bruxelles, les éditions Quadrature ont été créées par un groupe d’amis en 2006 avec l’ambition de publier exclusivement des nouvelles ...
Installées à Louvain-la-Neuve, non loin de Bruxelles, les éditions Quadrature ont été créées par un groupe d’amis en 2006 avec l’ambition de publier exclusivement des nouvelles. Six ans plus tard, à raison de seulement trois ou quatre recueils par an, elles présentent un catalogue d’un peu moins de trente titres où l’on chercherait en vain une fausse note. Un catalogue belgo-français, le bouche-à-oreilles, et Internet fonctionnant à merveille. Les quatre livres parus depuis l’automne dernier reflètent la diversité des univers proposés par le bais de ces textes courts. Après On n’est jamais préparé à ça, couronné par le Prix Nouvelles d’Automne en 2010, Ce qui nous lie confirme le talent de Gaëlle Pingault pour créer en quelques pages un univers cohérent. Elle met en scène, souvent à la première personne, des situations de crise dans des décors et circonstances très différents: deux amants réunis après dix ans de silence, trois copains en voyage linguistique à Berlin, une prof de math souffrant d’une addiction au compte rond, une jeune femme terrorisée de découvrir à Venise la représentation de ses cauchemars, etc. Autant d’histoires denses, riches, intrigantes, captivantes, parfois closes par une chute inattendue. Si la ville de Liège est présente dans plusieurs nouvelles de J’ai fait mieux depuis, paru fin 2011, trois ans après Demain je franchis la frontière, c’est parce que son auteure, Agnès Dumont y enseigne. Ce qui l’intéresse, c’est de partir de situations et d’émotions quotidiennes pour dérouler à chaque fois le fil d’une histoire qui accroche le lecteur: de l’agacement ou de l’écoeurement, une dame d’un certain âge qui lit le quotidien La Meuse dans un train en portant des chaussettes d’homme, un quadragénaire mal dans sa peau, un dénommé Sébastien Legros qui, à force de l’apercevoir par la fenêtre du bus qu’il prend chaque jour, a pris la Meuse en grippe, etc. En réalité, il est difficile de parler de nouvelles puisque, par définition, ce sont autant d’histoires indépendantes qu’il est vain de résumer. Sauf lorsqu’un fil conducteur les relie entre elles, comme c’est le cas chez le Wallon Denis Riguelle. Son premier recueil, Du côté d’elles, est en effet entièrement centré sur des figures féminines: Gaëlle, qui voudraient rencontrer Jodie Foster à Cannes, Lucie qui écrit des livres, Gaëtane qui a récemment ouvert un magasin de macarons à Namur (et espère que l’homme stationné devant la vitrine se décide d’entrer), Camilla qui a donné rendez-vous sous un fresque de Delacroix dans l’église Saint-Sulpice, etc. La fée Amphète, qui donne son titre au premier recueil d’Arnaud Modat, né à la fin des années 1970 à Douai ; est celui d’une nouvelle où une fillette répond, au jeune homme qui l’a invitée dans les auto-tamponneuses et lui demande si elle n’est pas enceinte, qu’elle est «une fée, en fait». Dans d’autres textes de ce recueil assez singulier, un jeune homme est censé donner des cours de guitare, un très jeune couple se retrouve la nuit…
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